mercredi 22 juillet 2009
Animal Collective - No Jazz.
Les new-yorkais de Baltimore ont inventé un nouveau concept. Procédant comme leurs prédécesseurs de la no wave, ils ont choisi de déstructurer et d'introduire le risque dans le rock. Seulement voilà, leur dernier concert parisien à la Cigale du 16 juillet laissait place à une déferlante électro parsemée seulement de quelques éclairs acoustiques salvateurs (batterie, guitare). Si l'éclairage maîtrisé accompagné de manière presque formelle les variations rythmiques et mélodiques, les 3 acolytes semblaient heureux dans leurs improvisations de musiciens jazz, enfermés dans une bulle suspendue au-dessus de leur tête. A trop jouer de la boîte (à rythme), on à l'impression de traîner dans une boîte (de nuit) et on se mure petit à petit dans une boîte (en compagnie de l'Espérance, ce qu'on leur souhaite, si on la chance de tomber dans celle de Pandore....). S'il est toujours aussi pertinent de réinterpréter ses morceaux sur scène (comprenant par là que le live est, et doit rester, différent d'un studio d'enregistrement), que l'évolution fait partie du code génétique du groupe, il faut veiller à ne pas se couper, tel le jazz intellectualisé, de ses racines, violentes et salissantes. On les a nettement préférés plus brut(es) au Cabaret Sauvage (tout s'explique) le 23 octobre 2007.... sans doute parce qu'après tout, un collectif d'animaux a plus sa place au milieu d'une piste de cirque, non ?
Sous le feu des (Dirty) Projectors.
Au grand jeu du "quel groupe underground sera la prochaine cible hype ?", les paris sont ouverts.
Après Tv on the radio, Animal Collective & Sunn O))) pour les plus récents, on parie volontiers sur les Dirty Projectors. Groupe brillant, bouleversant les codes, probablement jugé inécoutable pour l'auditeur lambda avant qu'il soit adoubé par les Inrocks, Nova et Télérama, il a tout pour réussir et être invité au prochain dîner. La preuve, ils ont même chanté avec Björk dernièrement.... qui dit mieux ?
Cela ne les empêche cependant pas de rester incroyablement novateurs. Vous êtes le public, vous êtes les juges :
Après Tv on the radio, Animal Collective & Sunn O))) pour les plus récents, on parie volontiers sur les Dirty Projectors. Groupe brillant, bouleversant les codes, probablement jugé inécoutable pour l'auditeur lambda avant qu'il soit adoubé par les Inrocks, Nova et Télérama, il a tout pour réussir et être invité au prochain dîner. La preuve, ils ont même chanté avec Björk dernièrement.... qui dit mieux ?
Cela ne les empêche cependant pas de rester incroyablement novateurs. Vous êtes le public, vous êtes les juges :
mardi 21 juillet 2009
27 feet of pure white Snow.
"Where is Michael?
Where is Mark?
Where is Matthew?
Now it's getting dark...
Where is John? They're all out back
Under fifteen feet of pure white snow"
Nick Cave and the Bad Seeds, 15 feet of pure white snow, No more shall we part album.
... And where is Dash?
Il a choisi d'incarner l'Amérique jusqu'au bout. Allongeant la liste des rock stars disparues à 27 ans, qui plus est d'une overdose, Dash Snow a terminé une vie, indissociable de son travail, en fulgurance. L'ironie voudra sûrement que sa carrière, elle, ne fasse que prendre son envol. Snow travaillait sur l'image, sa surface, son au-delà, son signe, son symbole. Il cherchait dans les clichés de son Amérique, de la jeunesse perdue, de l'art contemporain dévié, une réalité qui ne pouvait que fuir. Un travail de mémoire sous couvert de provocation première. Une vision américaine de ses profondeurs, de ses peurs et de ses éclatantes réussites. Un talent irrévérencieux pour cette génération gâtée d'artistes un peu troublée, égarée dans les vapeurs d'encens de la critique internationale. De la gloire à la postérité, il n'y avait qu'un pas que Dash Snow a franchi avant de sombrer dans 27 pieds de neige pure....

(Untitled, 2007. Courtesy Peres Projects Gallery, Los Angeles).
Place désormais à (Dash) Snow White & the 7 dwarves (Basquiat, Hendrix, Johnson, Joplin, Morrison, Jones, Cobain).







Where is Mark?
Where is Matthew?
Now it's getting dark...
Where is John? They're all out back
Under fifteen feet of pure white snow"
Nick Cave and the Bad Seeds, 15 feet of pure white snow, No more shall we part album.
... And where is Dash?
Il a choisi d'incarner l'Amérique jusqu'au bout. Allongeant la liste des rock stars disparues à 27 ans, qui plus est d'une overdose, Dash Snow a terminé une vie, indissociable de son travail, en fulgurance. L'ironie voudra sûrement que sa carrière, elle, ne fasse que prendre son envol. Snow travaillait sur l'image, sa surface, son au-delà, son signe, son symbole. Il cherchait dans les clichés de son Amérique, de la jeunesse perdue, de l'art contemporain dévié, une réalité qui ne pouvait que fuir. Un travail de mémoire sous couvert de provocation première. Une vision américaine de ses profondeurs, de ses peurs et de ses éclatantes réussites. Un talent irrévérencieux pour cette génération gâtée d'artistes un peu troublée, égarée dans les vapeurs d'encens de la critique internationale. De la gloire à la postérité, il n'y avait qu'un pas que Dash Snow a franchi avant de sombrer dans 27 pieds de neige pure....
(Untitled, 2007. Courtesy Peres Projects Gallery, Los Angeles).
Place désormais à (Dash) Snow White & the 7 dwarves (Basquiat, Hendrix, Johnson, Joplin, Morrison, Jones, Cobain).
Jérôme Bosch est un poulet.
Quand l'enfant martyrisé par les poulets rencontre l'enfant terrible martyrisant la peinture cela donne un clip forcément empli de terribilità. Le mysticisme sacrilège de Buckethead ne pouvait que s'incarner à merveille dans la fougue et le jeu décalé de Hieronymus Bosch. A plus de 5 siècles d'intervalle, c'est toujours cool de tomber sur un membre de la famille....
Jardin des délices vs. Spokes on the wheel of torment :
Jardin des délices vs. Spokes on the wheel of torment :
Who's afraid of Born Ruffians?
Il faudrait un jour se pencher sérieusement sur le Canada comme nation de rock.... un pays proche des Etats-Unis mais avec une indéniable fibre européenne. L'album Red, Yellow & Blue des canadiens de Born Ruffians, sorti chez Warp l'année dernière, se rapproche inévitablement du Who's afraid of Red, Yellow & Blue? de Barnett Newman, sorti en 1966.
Retour aux sources, simplification jusqu'à la minimalisation, intensité dans le détail, vibration des 3 couleurs primaires, traitement du basique, on retrouve tout cela dans notre trio de brutes sensibles. Comme une "evidence"...

Retour aux sources, simplification jusqu'à la minimalisation, intensité dans le détail, vibration des 3 couleurs primaires, traitement du basique, on retrouve tout cela dans notre trio de brutes sensibles. Comme une "evidence"...
lundi 1 juin 2009
The Horrors : bon appétit !
Tout apparaît comme sur une assiette de Julia Dombrowski : la douceur sous le monstre, ou le noir recouvrant l'harmonie, c'est au choix. Le dernier album de The Horrors, le groupe le plus vite, mal, décrié, catalogué de ces dernières années, est millimétré. Rien ne dépasse, tout est ciselé et griffé, terrassant les guitares pour revenir à l'essence du rock. Ce disque est incontestablement un disque Factory, quoi qu'en dise l'horrible logo géant du (pourtant très bon label) XL Recordings. On songe évidemment à Joy Division mais aussi à The Passage. Un groupe post-post-post-post-post-punk mais qui en a gardé la profondeur pour en rejeter la superficialité, au contraire de ces concurrents de pacotilles.
Si on ajoute à cela une magnifique pochette d'un flou incandescent, à mettre en parallèle à la froideur posée de la couverture du 1er album, on obtient un album à déguster, lentement, dans une superbe et monstrueuse assiette....


Si on ajoute à cela une magnifique pochette d'un flou incandescent, à mettre en parallèle à la froideur posée de la couverture du 1er album, on obtient un album à déguster, lentement, dans une superbe et monstrueuse assiette....
Brisure à Senestre.
Bend, Bend, Bend, on my Radio....
L'exposition Bend Sinister d'Elodie Lesourd qui se tient actuellement à la Galerie Olivier Robert remet les choses à leur place. En décalant, décentrant, déplaçant, les peintures, bois gravés et sérigraphies de l'artiste apparaissent comme un "statement" imparable. Elle explose les codes de la peinture et, dans un au-delà du rock, interroge directement notre rapport à l'art, et le rapport qu'il entretient à lui-même.
Plus qu'une exposition, c'est une déclaration de guerre à la fadeur ambiante. Tout est caché, subtil, finement tendu, légèrement glissé, mais suffisamment pour ouvrir la brèche et créer le basculement. Pas d'éclats mais des éclatements. Impressionnant, massif, inamovible finalement. La pierre noire de 2001... est réapparue en 2009 : terrible et redoutable; fascinante.
Elodie Lesourd - Bend Sinister, Galerie Olivier Robert, 5 rue des Haudriettes, 75 003 Paris, 30 mai - 4 juillet 2009.


Elodie Lesourd, Koh / Violette, 2008. Acrylique sur MDF, 338x140cm. Courtesy: Elodie Lesourd, T. Koh, B. Violette, Galerie Olivier Robert, Paris.
L'exposition Bend Sinister d'Elodie Lesourd qui se tient actuellement à la Galerie Olivier Robert remet les choses à leur place. En décalant, décentrant, déplaçant, les peintures, bois gravés et sérigraphies de l'artiste apparaissent comme un "statement" imparable. Elle explose les codes de la peinture et, dans un au-delà du rock, interroge directement notre rapport à l'art, et le rapport qu'il entretient à lui-même.
Plus qu'une exposition, c'est une déclaration de guerre à la fadeur ambiante. Tout est caché, subtil, finement tendu, légèrement glissé, mais suffisamment pour ouvrir la brèche et créer le basculement. Pas d'éclats mais des éclatements. Impressionnant, massif, inamovible finalement. La pierre noire de 2001... est réapparue en 2009 : terrible et redoutable; fascinante.
Elodie Lesourd - Bend Sinister, Galerie Olivier Robert, 5 rue des Haudriettes, 75 003 Paris, 30 mai - 4 juillet 2009.
Elodie Lesourd, Koh / Violette, 2008. Acrylique sur MDF, 338x140cm. Courtesy: Elodie Lesourd, T. Koh, B. Violette, Galerie Olivier Robert, Paris.
lundi 18 mai 2009
Passer l'arme à gauche.
Pistolet, revolver, carabine, arquebuse et autres... Ces outils de notre monde moderne portent en eux les espoirs d'une toute puissance. Que l'on soit obsédé par la mort ou avide de pouvoir, les armes à feu symbolisent avant tout la peur. On les retrouvent en grand nombre dans l'art contemporain. De Warhol (catharsis oblige) à Chris Burden, de Niki de Saint Phalle à Damien Hirst. Le pistolet inspire, et pas seulement les artistes. Nombre de pochettes de disques arborent fièrement ces bijoux mortels. Mais ce qui nous intéresse ici, ce sont les croisements, les interférences qui interviennent entre les deux champs ou comment l'un peut devenir le miroir de l'autre. Ainsi, on s'amuse de retrouver chez l'artiste Allison Smith les jeux graphiques produits par l'assemblage de plusieurs fusils, jeux qu'avait brillamment et le plus simplement du monde mis en place un certain Manson pour l'affiche et décor de scène de son fameux God, Guns and Government Tour... Sans foi ni loi ; l'arme, lorsqu'on la passe à gauche, nous délivre certes, mais elle est aussi cette ingénieuse complice de nos actes (créateurs) les plus forts.
Allison Smith - Victory Hall, 2005.
samedi 16 mai 2009
Sunn O))) : la 7ème dimension.
Quitte à utiliser un dessin de Richard Serra pour son 7ème album, autant choisir le n° VII de la série des Out-of-Round du géant américain, non ?
Le groupe le plus arty du moment (i.e. l'éphémère successeur de Sonic Youth dans les intellectualisations stériles des critiques... d'art ? de rock ?), Sunn O))) a eu l'élégance et la finesse de choisir un dessin de Richard Serra (le n° X de la série de 1999) pour sa pochette. Si cette partie de l'oeuvre du sculpteur n'est pas la plus célèbre, elle n'est pas pour autant la plus inintéressante. Alors que les terreurs d'acier fragiles seyaient à merveille au rock Monolith du groupe américain, ils optent pour une autre Dimension, pénétrant l'intimité de la création, l'absorption par le cercle profond mais restreint. Choix judicieux, dangereux aussi, qui, aux commentaires officiels accompagnant la sortie de Monoliths & Dimensions semble parfaitement coller aux dernières expérimentations du groupe....
Réponse le 18 pour le verdict musical.
Richard Serra - Out-of-Round VII :

Sunn O))) - Monoliths & Dimensions :
Le groupe le plus arty du moment (i.e. l'éphémère successeur de Sonic Youth dans les intellectualisations stériles des critiques... d'art ? de rock ?), Sunn O))) a eu l'élégance et la finesse de choisir un dessin de Richard Serra (le n° X de la série de 1999) pour sa pochette. Si cette partie de l'oeuvre du sculpteur n'est pas la plus célèbre, elle n'est pas pour autant la plus inintéressante. Alors que les terreurs d'acier fragiles seyaient à merveille au rock Monolith du groupe américain, ils optent pour une autre Dimension, pénétrant l'intimité de la création, l'absorption par le cercle profond mais restreint. Choix judicieux, dangereux aussi, qui, aux commentaires officiels accompagnant la sortie de Monoliths & Dimensions semble parfaitement coller aux dernières expérimentations du groupe....
Réponse le 18 pour le verdict musical.
Richard Serra - Out-of-Round VII :
Sunn O))) - Monoliths & Dimensions :
Primal Scream : cerveau reptilien.
Il y a bientôt 3 ans jour pour jour, les Primal Scream sortaient Riot City Blues. Peu importe la qualité musicale de l'album (cela dépend de la vision que vous avez de ce que doivent être les Primal Scream), ils signaient par la même occasion une des plus belles pochettes de l'histoire du rock récente. Sans contestations possible (nous n'en accepterons d'ailleurs pas...).
C'est simple, infiniment réflexif, esthétiquement troublant. C'est beau comme la rencontre fortuite sur une pochette de disque (disséquée) de William Eggleston et de James Lee Byars. Tout simplement assourdissant.
C'est simple, infiniment réflexif, esthétiquement troublant. C'est beau comme la rencontre fortuite sur une pochette de disque (disséquée) de William Eggleston et de James Lee Byars. Tout simplement assourdissant.
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