samedi 16 août 2008

A heavy nite with.... Louis XIV.

Sans commentaires....
Enfin si, deux justement :
1/ il paraît difficile à croire que les membres de Louis XIV (le groupe, pas le fan de Lully....), et plus encore leurs graphistes, ne connaissaient pas l'existence de l'excellentissime groupe de Jarvis Cocker....
2/ si vous n'avez plus d'idées : faîtes appel à nous....

P.S. : préférez toujours l'original....
Photobucket
... à la copie.
Photobucket

samedi 2 août 2008

Declerq / Hegarty : Art Snipers.

Les artistes aujourd'hui semblent délaisser les pinceaux pour des armes plus puissantes. Après le scotch vengeur d' Olivier Blanckart, Alain Declercq et Valerie Hegarty proposent des solutions, non moins radicales, mais plus concrètes.
Destruction créatrice, création destructrice, les deux oeuvres semblent se répondre dans leurs modes de fonctionnement et tendent toutes deux à des visions plus amples que la seule attaque de l'art.
Une affirmation politique et poétique sous-tend ses deux regards sur la place de l'art dans le monde contemporain et sur ce qu'il nous renvoie. La mise à mal du tableau réaffirme sa place sacralisée et les monstres qui en naissent ne cessent de nous interroger sur un climat guerrier qui infiltre toutes les couches de la société.
Notons cependant que si Declercq opte pour du 22 long rifle, Hegarty semble tirer avec un plus gros calibre. Ah, la démesure américaine...
Alain Declerq :
Photobucket
Valerie Hegarty :
Photobucket

vendredi 1 août 2008

EyE : la table de 11.

L'ennui avec les Boredoms, c'est qu'ils ne sont jamais ennuyeux.
D'excellents albums, une série de EPs absolument indispensables (Super Roots), des participations toujours réussies (Praxis, Painkiller, Naninani....), Yamatsuka Yamantaka Yamataka eYe Ey-) Eye, leader des Boredoms, cumule les succès (d'estime, rassurez-vous....).
Il décide le 8 août 2008 de donner, avec Boadrum 88, une suite à Boadrum 77. Soit une double performance de 88 batteurs jouant ensemble une de ses compositions à New-York (comme la 1ère) mais aussi à Los Angeles (une nouveauté) à.... 8h08 évidemment (original, mais à tendance monomaniaque tout de même....).
Un acte fort, impressionnant par sa technique, imposant dans le son de chaos maîtrisé qui s'en dégage. Dommage cependant que cela nous fasse (trop) fortement penser à Glenn Branca et à sa performance "Hallucination City - Symphony for 100 Guitars" de 2001.
Il n'empêche, Eye reste une référence artistique de premier plan dans l'univers musical. Un de ces précurseurs de génie qui vous font prendre conscience qu'une autre approche du rock est possible, un immortel en puissance : "Eye était dans la tombe....".
Photobucket
Et dire qu'en plus, il a signé la pochette de "Midnite Vultures" de Beck.... :
Photobucket

Sea, Sex and Beuys.

Hormis pour nos noires âmes romantiques du milieu du XIXe s., le soleil est généralement préféré à la pluie.... et à Reagan.
Quand un monstre de l'art tel que Beuys s'attaque à la politique américaine en 1982 avec "Sonne Statt Reagan", il fait sans doute plus de mal à la pop qu'aux relations internationales unissant l'Allemagne aux Etats-Unis.
Engagé acharné sur tous les fronts, Beuys poursuit ainsi sa diatribe contre l'hégémonie américaine. Un pays qu'il déclarait pourtant apprécier en 1974 : "I Like America and America Likes Me" (performance indépassable, relevant de la mythologie artistique, une sorte de "Sgt. Pepper" froid, un "Unknown Pleasure" visuel).... Rancunier, le coyote ?
Pourquoi avoir alors choisi la voie (et quelle voix !) de la musique pour propager son message ? La pop plus universelle que l'art ? Sûrement ! Plus efficace ? Peut-être pas....
Un morceau de bravoure en tout cas, époustouflant, surréel, dans lequel Beuys apparaît (presque) sous les traits d'un être humain comme les autres. De quoi vous en faire voir de toutes les couleurs.... et vous déboussoler un Eliasson.

Le premier des "disques du soleil et de l'acier" ?
Photobucket
Sonne Statt Reagan :
Photobucket
Sonne Statt Reagan (video) :

Sonne Statt Regen - Olafur Eliasson :
Photobucket

mardi 22 juillet 2008

Arnaud Labelle-Rojoux : le syndrome de l'acteur - chanteur.

Le problème, si problème il y a, chez ALR (mais à l’air de quoi ?...) c’est qu’il est un bien trop brillant auteur. Alors oui, comment faire pour demeurer artiste quand on est aussi doué ? Non pas qu’il soit un artiste médiocre, bien au contraire. Ces oeuvres mélangent, dans un amalgame auquel nous n’oserions même pas penser, l’érudition la plus totale (trop parfois ?) à la fulgurance d’une réalisation plus proche de l’art brut que de Van Eyck. Comme un conceptuel type Kosuth qui s’acharnerait tant bien que mal à réaliser ses oeuvres, même si on lui dit que ce n’est pas foncièrement nécessaire.... Peu importe : ALR demeure un sujet scintillant, artiste littéraire, peintre pitre.
En France, on le sait, on ne pardonne pas toujours de vouloir jouer sur tous les registres, entamer toutes les partitions avec la même désinvolture. Acteur forcément doué, chanteur sans doute pas si mauvais....
ALR, une âme de rockeur sous le béret, est un américain travesti. Il est Arnaud Ramone, l’improbable Ramones intelligent, ou une sorte de Pere Ubu digne, un David Thomas devenu rigolo. En fait, il est sans doute le King (puisqu'il n'est pas mort....), et si vous vous demandez encore pourquoi, lisez « Elvis » (Sémiose éditions).
Malgré une reconnaissance pas toujours à sa hauteur, ALR continue pourtant à nous éduquer ; il reste sans doute pour tout cela le meilleur ami de l'homme : chienne de vie !...

Le Fou Dédoublé, "Sacré Kador", 2000
Photobucket
Tribute to Elvis, 2002
Photobucket
Mur (défense de lever la patte !)
Photobucket

dimanche 20 juillet 2008

Les musiciens artistes : des brutes de l'art.

Que faire en sortant d'une école d'art ? Une bonne question que devrait se poser pas mal de ceux qui décident un jour d'y entrer.... Devenir artiste semble être l'alternative la plus directement liée à la vocation première de l'institut susmentionné. L'autre possibilité est presque tout aussi évidente : monter un groupe de rock.
Si la proportion de musiciens passés par des écoles d'art est tout à fait impressionnante (alors que peu d'artistes continuent leur carrière musicale : Creed, Verna, Marclay -.... ? ), quelles conclusions devons-nous tirer sur leurs capacités artistiques réelles ? Force du destin, hasard de la vie, talent incroyable pour la musique ? Manque d'inspiration pour l'art ? Sûrement pas ! J'en veux pour preuve l'exposition "It's not only Rock'n'Roll, baby !" au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles jusqu'au 14 septembre. Regroupant une liste conséquente d'invités*, l'exposition tend à démontrer les qualités artistiques de nos chers musiciens. Si la tentative est noble, le résultat est forcément inégal. Entre les crises adolescentes de Pete Doherty et les réflexions Fluxus de Yoko Ono, il y a un monde. Un monde où l'on trouve, entre autres, les installations pas inintéressantes d'Alan Vega.
Un mot sur le commissaire qui n'est autre, bien entendu, que Jérôme Sans, cas rarissime (pour le coup...) de commissaire "rockeur" (quant à sa participation au sein de Liquid Architecture.... louable tentative, crédibilité questionnée, échec musical ?).
Beulah enfin, avec son album Yoko, propose une invitation délicate à boucler la "spirale" des artistes / musiciens / artistes..... avec une pochette hommage (à peine) déguisé à l'album The Beatles, dont la couverture originale est signée... de l'artiste Richard Hamilton.

Alan Vega :
Photobucket
Yoko Ono :
Photobucket
Beulah :
Photobucket
*Alan Vega, Antony, Bent van Looy (Das Pop), Bianca Casady (Cocorosie), Brian Eno, Chicks on Speed, David Byrne, Devendra Banhart, Fischerspooner, Jonsi Birgisson (Riceboy Sleeps), Kembra Pfahler, Kyle Field, Laurie Anderson, Miss Kittin, Nick Zinner (Yeah Yeah Yeah's), Patti Smith, Pete Doherty, The Kills, The Residents et Yoko Ono.

samedi 12 juillet 2008

Gravetemple : la menace fantôme.

...ou l'art de redonner sa place démoniaque à la batterie.
Le concert du 9 juillet au Point Ephémère de Paris débutait pourtant selon une formule devenue quasi "classique" pour une formation incluant 3 membres plus ou moins permanents de Sunn O))) : guitares minimalisantes, jeu sur la saturation, mis en exergue de l'ampli comme instrument à part entière et chant, bien que monocorde, offrant des variations sensibles. Lumière bleue à contre-jour noyée de fumée, ambiance étouffante et éprouvante, volume sonore pénétrant. Très bien, malgré un vague sentiment de déjà-vu et un Oren Ambarchi pas toujours très heureux dans ses interventions. Concernant la sensation de déjà entendu, on ne peut que rappeler que venant des mêmes, tout ceci est plutôt logique, pas de copie ici mais simple style, leur originalité finalement.
Mais on était alors sans savoir que Gravetemple Trio (Stephen O'Malley, Attila Csihar, Oren Ambarchi) cachait en son sein une arme de destruction massive : Matt "Skitz" Sanders. L'apparition sonore de la batterie dans un halo de lumière orangée évoquant irrémédiablement le feu souterrain de l'enfer bousculait alors toutes les certitudes. Rappelant les tribulations tribales à l'origine du rock et de sa réputation sulfureuse, le rythme déchirait le voile d'ignorance et laissait entrer le Mal dans le décor. Le "Satanas ex Machina" remettait en cause le groupe en tant qu'organisation, tant par l'arythmie que par la désynchronisation apparente. Le contraste du 3+1 dans le groupe redonnait alors à chaque membre une place dans un équilibre fragile mais profondément pertinent. La tension naissait paradoxalement de l'arrivée de l'élément fondateur et organe de stabilité du groupe : la batterie. Skitz, dans une violence sourde héritée du death metal, n'est pas "resté devant le temple" mais a délibérément choisi de déterrer les racines du mal, faisant basculé le concert dans un nouveau champ, remettant en question l'unité des liens unissant l'espace au temps. Un trou noir. Un temple enfoui. Une tombe.
Plus que des mots, l'éclosion de la batterie au milieu du concert faisait l'effet de voir arriver un char d'assaut dans sa rue.... Quoi de plus normal pour un groupe dont le premier concert s'est déroulé en Israël, en plein champ de bataille.
Gravetemple Trio est mort ! Vive Gravetemple !
Photobucket
Photobucket

La Jeunesse Sonique à la galerie Vert sur Rouge.

"Sonic Youth" est en passe de devenir une expression du langage courant, désignant un acte mêlant activité musicale et artistique. C'est en tout cas ce que tend à montrer l'exposition à la Green on Red Gallery de Dublin jusqu'à fin juillet qui a choisi pour titre le nom du célèbre combo new-yorkais. 7 artistes vidéos présentent des oeuvres ayant trait aux relations ambiguës de la musique et de la création actuelle. A noter, la présence de William Hunt avec la très belle performance "Even as you see me now" ainsi que la mythique "File under sacred music" des excellents Iain Forsyth & jane Pollard. Reconstitution à l'identique du célèbre concert de The Cramps au Napa State Mental Institute de 1978. Entre le "Blow-up, stroll on" de Christoph Draeger (reconstitution du concert des Yardbirds dans Blow-Up d'Antonioni) et le "Psycho" de Gus Van Sant, on se rapproche des questions d'identité, d'auteur, de vol et de copie, en dépassant le cadre de la simple réappropriation ou citation post-moderne. Pour ces dernières, on doit plus se tourner, dans son accession pop-culturelle, vers le clip "les limites" de Julien Doré / "Chez les Yéyé" de Gainsbourg : c'est intéressant, mais c'est autre chose....
Photobucket
Photobucket

samedi 5 juillet 2008

DJ Spooky / Jackson Pollock : Songs of a dead dreamer.

Décidemment, Dj Spooky n'est pas un d.j. comme les autres. Auteur de deux remarquables ouvrages ("Rythm Science" et "Sound Unbound") et d'une musique capable de réfléchir sur elle-même, il continue à explorer les limites du style et à expérimenter ses connexions avec l'art. Exposé au MOCA de Los Angeles en 2002 avec son "Marcel Duchamp Remix" puis invité à la prestigieuse Biennale de Venise en 2007, Paul D. Miller, that Subliminal Kid Burroughsien, tentera de transmuter son saphir en enamel le 13 septembre au Trabendo de Paris. Un "tribute to Jackson Pollock" est au programme de cette soirée forcément surprenante.
Si vous aussi vous voulez vous prendre pour un Pollock virtuel (pas virtuose), vous allez le choix entre www.jacksonpollock.org, le site qui en jette, par Miltos Manetas, ou faire confiance à Otto, le zombie le plus cool du cercle très fermé des zombies cools, virtuose (pas virtuel) de l'éclaboussure maîtrisée.
Photobucket
Jackson P"otto"ck vs Jack the Dripper ?
Photobucket

Surprise! You're dead!

Après le vol d'une partie des cendres de Kurt Cobain, c'est au tour de la pierre tombale de Ian Curtis d'être dérobée.... Sombre période pour les héros morts. Heureusement, la nécrophilie (phagie ?) et le retour des zombies tueurs (le maître Romero en tête) nous annoncent que notre époque n'est finalement pas si ennuyeuse, ni dépravée que cela....
Pour ceux qui demeurent fascinés par la mort et la sacralisation sous toutes ces formes, on vous encourage vivement à préférer à ces passe-temps moribonds la visite de "Traces du sacré" au Centre Pompidou, jusqu'au 11 août (notamment les salles 11, 16 et 22) ou mieux encore, à aller voir "Otto; or, up with dead people" de Bruce Labruce.
Quant aux rock stars, il leur est fortement conseillé de faire comme le premier d'entre eux, Robert Johnson : ne mettez pas votre nom sur la stèle, ça évite beaucoup de soucis... et de dérangements (vos voisins, bien qu'anonymes, n'ont pas toujours eu, eux aussi, la vie facile....).
Photobucket